Une moitié d'orange - Académie Balzac

Une moitié d’orange


Voilà à quoi nous ressemblons : une moitié d’orange. L’origine de cette drôle de comparaison remonte à bien long-temps. Il semble que Platon ainsi qu’Aristophane y soient mê-lés. Zeus, le premier, a dit que chaque humain était coupé en deux. L’amour consiste à retrouver son autre moitié pour re-constituer l’unité entière !
Ainsi l’on passerait notre vie à rechercher cette moitié, im-parfaite comme nous, pourtant parfaitement complémentaire de nos bosses et de nos plaies. Alors, dans un élan fusionnel, comme si nous ne nous étions jamais quittés, nos moitiés s’imbriqueraient parfaitement, et ne formeraient plus qu’UN. Ainsi, l’on retrouve dans l’Autre cette complicité si particulière, cette étrange sensation que l’Autre devine nos pensées à l’avance…En effet, lorsque les corps subtils s’unissent, les vi-brations des âmes enfin réunies sont si intenses, qu’un fluide traverse les enveloppes charnelles scellant la réunification uni-verselle d’où s’extrait la quintessence de la vie.
Parfois, la recherche inconsciente de notre moitié, nous pousse à nous précipiter ! Et l’on se retrouve en présence de moitiés qui n’ont que quelques points de jonction en commun avec l’Autre, ou qui ignorent le sens réel du grand projet uni-versel. De là à penser qu’ils recherchent leur moitié pour ainsi se reformer, je ne sais si cela convient à notre époque, où le MOI prime sur les autres ! Dommage que beaucoup n’aient pas compris que le MOI évolue en fonction de la vie et ne reste pas figé à un âge bien précis.
Alors, l’on a beau se couper en quatre, se booster à la vi-tamine C, rien ne fonctionne, et l’on se retrouve pressé, vidé de toute notre bonne volonté. Ainsi, sur le bord du chemin, l’on découvre des moitiés esseulées, desséchées, qui ont perdu leur pulpe de vie, devenues aigries et rabougries, ayant abandonné leur rêve d’unité. Peut-être devraient-elles penser, avant de se laisser dévitaliser, que si elles se sont essayées avec la mau-vaise moitié, c’est que celle-ci devait avoir un rôle à jouer pour régler des blessures du passé qui les empêchent de progresser vers le grand projet de l’unité !
Pour ma part, comme vous le savez, ma moitié se pré-nomme Espérance. Il m’est donc permis d’espérer, sans trop m’avancer, que nous finirons tous par retrouver notre forme initiale, ronde et bosselée ! Imparfaite sans doute mais gorgée du jus de la vie sans aucun doute !


Publié le 7 octobre 2014

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L'auteur

Sandra Rastoll

Âge : 49 ans
Situation : Union libre
Localisation : VALDEBLORE (06) , France
Profession : COMPTABLE/ECRIVAIN
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