DANS MES NUITS


Que de cauchemars dans mes courtes nuits ! Dès l’endormissement, revoilà au plus profond de ma tête, devant mes yeux fermés, des formes inquiétantes du passé, de sombres ambiances gothiques, des châteaux abandonnés rongés par les ronces, des moulins délabrés, maltraités par un vent glacé et humide sur des plaines enneigées, des étangs brumeux, boueux et opaques, des forêts lugubres et denses de grands résineux, des ravins étroits, profonds et presque infinis, des rochers aussi froids que le ventre de la mort, des poursuites effrénées dans l’obscurité la plus complète, des cavalcades de chevaux fous et immaculés, des rires sardoniques de démons ailés, des pendus aux orbites creuses et au cou brisé, d’abominables sorcières allant au sabbat, des vampires couverts de sang des pieds à la tête, des loups-garous en plein repas, des fantômes blafards enveloppés dans leur drap et traînant leur boulet et toutes les autres viles créatures des ténèbres. Partout, les traces de trépassés. Tout un monde peuplé des monstres d’aujourd’hui ou d’autrefois. Rien de tel pourtant dans ma vie réelle, mais, à la tombée de la nuit, voilà devant mes paupières closes, tout un univers glauque, un espace mystérieux, des contrées oniriques, de grands cimetières emplis d’habitants ni morts, ni vivants. Des mains inconnues, prolongées par de longs doigts, presque des griffes, avides et crochues, prêtes à tout. Ames errantes et perdues. Peu importe l’épaisseur du voile de la mort, présence forte d’esprits retors. Lecture inquiétante d’une poésie sombre, telle la Légendes des siècles chère à Hugo, les contes fantastiques de Poe, Grands Anciens de Lovecraft, livres et grimoires magiques, incantations et divination, partout présent sur ce périmètre de désespoir, indifférent à la lumière. Au delà des couleurs floues et malsaines, des sensations de malaise, du bestiaire fantastique, des corps livides et des odeurs âcres et putrides. Que de frissons garantis, de tremblements nourris, de nuits agitées, de réveils accélérés par la peur du noir, le souffle de l’effroi. Dans les angoisses de mes nuits, que de grands mystères inexpliqués et de secrets bien gardés, enroulés dans le linceul de l’éternité !


Publié le 12 mai 2014

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L'auteur

LUOBER

Âge : 55 ans
Localisation : NIMES (30) , France
Profession : Chercheur d'équilibre
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