Hommage au don d'amour, vive la vie


Que la vie si prospère en soi, abrogée d’une seule traite par ce diabète insipide, circulant, envahissant par tous les secteurs de son corps, par tous les pores de sa peau.
Que la moindre action, le moindre effort synonyme d’une dialyse annoncée, allongé sur son lit d’hôpital surveillé par son infirmière un attribut du responsable du service.
Adieu nos promenades accompagnées des deux bergers allemands, fidèles compagnons dans cette aventure imposée. Ces animaux dépositaires de mes souffrances, de mes propos décourageants envers cette existence promise par une maladie à la fin incertaine dans l’immédiat, irréversible dans le futur. Un mort-vivant en puissance. Leur présence à mes côtés dans ces moments de solitude identique à un baume d’espérance sur des plaies béantes contre le monde, contre Dieu.
Ce Dieu plein d’amour pour mon prochain, dans l’ignorance de ma souffrance personnelle. Ce Dieu mythologique ou chrétien inconnu, non visible à ce jour dans mes yeux de patient dans une chambre aseptisée, une machine à mes côtés pour une purification de mon sang d’humain.
Adieu nos randonnées en pleine montagnes, dégoulinants de sueurs dans des paysages magnifiques, le calme de la nature au bout de l’effort.
Un sentier pas à pas dans le ciel vers la dernière demeure de ce Dieu selon nos livres d’histoire. Son histoire à lui dans cette Bible si généreuse, si complaisante envers ses bourreaux. Pourquoi cette non rencontre avec un abonné absent, un besoin de mon être non assouvi, là, maintenant en pleine déprime intellectuelle.
Par vengeance personnelle, par rancœur passagère, par défaut de temps ? Pas de polémique entre nous.
NON, sans moi aujourd’hui, sans le mouton de Panurge, sans la brebis égarée dans la prairie, ma prairie d’incertitude.
Dans l’univers d’une chronique annoncée, cette insuffisance rénale en phase terminale terminée par une solution unique, ou plus précisément par deux solutions proposées par la médecine. En un mot comme en cent, le choix articulé entre dialyses pour la vie et transplantation d’un organe de substitution, le choix personnel de sa personne :
un organe pour une vie. Pas une vie totalement normale mais une vie améliorée, dégustée, savourée par votre serviteur.
Une vie chère Sylvie, amour de ma vie, rocher de mon existence.
Une vie prolongée par ce don, ton don. Un don d’amour, DON de vie, l’histoire de notre couple.
Une harmonie salvatrice d’un geste de générosité, de courage et de volonté.
La chance d’une compatibilité de trois pour cent, la hantise d’un échec synonyme d’un mal-être pour nous deux, d’un retour en dialyse.
En ce jour d’avril 2012 la réussite, l’éloignement, la prise de connaissance d’un possible rejet de ce corps étranger et finalement la réussite de la greffe de ce petit rein, filtre de la vie d’une existence presque habituelle.
L’espérance d’une longue vie à tes côtés, mon amour d’avant, de maintenant et de toujours. Longue vie à ce trio d’avenir.
Toi, moi, ce don d’un rein au milieu de nous deux. Vive la vie.


Publié le 19 mai 2014

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L'auteur

BRUNANDIERRE

Âge : 70 ans
Situation : Marié(e)
Localisation : LA BOLLENE VESUBIE (06) , France
Profession : RETRAITE
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