Le Pacte Maudit : épilogue.


Il ne détient pour le moment aucune réponse à ce fardeau que seul Dieu a pu lui imposer, il est le seul à en connaître le secret, malgré sa foi religieuse intense, lui Anaclet II, pape qui a toujours recherché l’absolu en toutes choses, ressent le poids de son immense responsabilité. Sa seule certitude orienter sa réflexion "ad hominem" (vers l’homme). Il éprouve un cas de conscience proche d’une forme de casuistique ; son humanisme au sens premier du terme, qui l’a versé dans la connaissance des langues et littératures anciennes mais également a développé sa perception du temporel vers l’humain et ses valeurs, au dessus de toutes les autres,ne lui permet pas de libérer son esprit des questionnements qui l’envahissent. Ainsi, ouvre t’il les yeux, pénétré de ce regard qui tel un miroir renvoie par sa pétillance la bonté, l’érudition et l’intelligence de cet homme salué ainsi par les grands de ce monde
Il observe l’anneau piscatorial ou encore l’anneau du pêcheur qu’il est le seul à porter sur son annulaire droit, comme si cet anneau d’or représentant l’apôtre Saint Pierre tirant son filet empli des poissons de la mer, pouvait lui apporter la sainte réponse.
Anaclet II retrace sa destinée, parcourt le chemin de la révélation de sa foi depuis l’époque où adolescent il a été "appelé". Il éprouve une nostalgie attendrissante, le regard posé sur ce tableau au visage de l’enfant nimbé que cet inconnu lui a offert un matin hivernal de ses dix-sept ans, ce pauvre hère qu’il avait recueilli grelottant sous les flocons de neige et conduit dans sa propre demeure, lui apportant réconfort et chaleur, ce malheureux au regard d’un bleu intense dont le souvenir ne l’a jamais quitté. Il pense à Bivio, son pittoresque village du versant nord des Alpes Suisses, son esprit est traversé par les traits de ces êtres si chers, ses parents dont l’amour à été le ciment de sa construction personnelle et évoque la chaleur de ses grands parents Primo et Carminé emprunts de cette bienveillante tendresse dont il a été baigné. Il se rappelle ces années de bonheur qui lui paraissent si éloignées et pourtant toujours aussi vivaces au plus profond de son âme.
Carlo, de son prénom de baptème, réfléchit aux mois qui viennent de s’enchaîner, une longue et pénible épreuve, la pire de sa vie, qui a bouleversé l’essence même de son rapport à l’autre.
Au sein de la chapelle Sixtine, sous la voûte décorée par le génie de Michel Ange aux couleurs chatoyantes de la création d’Adam et de scènes de la Genèse, seul, il prie.
Il sait cette civilisation peuplée de ces êtres extraordinaires, ces frères de chair et de sang, venus d’ailleurs et leur message dont la singularité repose sur la fusion de l’ensemble de nos croyances si dissemblables en une religion unique.
Ils sont quelque part dans l’univers, créés par Dieu, ont forgé nos existences et observent notre Terre attendant le destin qu’un homme, celui qu’ils nomment le Saint Père, aura décidé, tapis dans l’ombre de notre monde, ces êtres venus du ciel, dont les Sumériens relataient déjà sept mille ans avant Jésus Christ, la présence sur des tablettes d’argile à l’écriture cunéiforme, attendent le moment opportun, celui qui les fera revenir parmi nous : ils sont les ANNUNAKIS, peuplant NIBIRU, la 10ème planète aux confins de notre galaxie.
Malgré leur âge terrestre inconcevable, environ 350 000 ans, la mort les emporte aussi. Dieu, qu’ils nomment EA, bienveillant à leur endroit, a consacré la fraternité universelle dont ils ont su au fil des millénaires nourrir leur inextinguible soif pacifique : ils ont vaincu leurs propres turpitudes et sont parvenus à éradiquer la Mal.
Ni conflit, ni guerre, une religion unique et indivisible gage d’une paix et d’un amour du Créateur, partagé par l’ensemble de ces sages à l’esprit libéré.
Anaclet II par son jugement, alimente sa propre conviction, la tristesse l’envahit car la certitude cruelle qui l’anime, l’oblige à reconnaître que l’homme n’est pas encore prêt pour réaliser la fusion de toutes ces doctrines qu’ils a rendues si différentes, s’empêchant de ce fait d’accomplir tout syncrétisme.
Lui, le deux cent soixante septième pape, vicaire du Christ sur Terre et guide spirituel de l’église apostolique romaine forte de plus d’un milliard de fidèles, a offert l’absolution à ces illuminés apathiques, conservant ainsi sa foi originelle maîtresse de son engagement spirituel, ces hommes nourris de sophismes destructeurs.
Il sait que que l’instant de grâce en ce bas monde doit demeurer intangible, mais les textes sacrés ont été dévoyés, marqués d’innombrables ajouts, et instrumentalisés par ces hommes qui les ont utilisés à leurs fins personnelles, justifiant ainsi leur besoin de conquêtes, leurs massacres de tant d’innocents au nom de Dieu, qu’ils furent les croisés du Moyen-Âge ou les Djihadistes contemporains, ceux-là même à l’origine du Pacte Maudit !
Malgré cette fabuleuse et fraternelle rencontre avec les Annunakis, dont il espère secrètement qu’ils adopteront la posture de nature à changer le cœur de l’homme, ce dernier, il le sait, alimentera sans cesse le Fleuve Noir de son existence.
Philippe Dal Molin


Publié le 21 août 2014

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L'auteur

Philippe Dal Molin

Âge : 64 ans
Situation : Union libre
Localisation : Paris (75) , France
Profession : Commandant de Police
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