Epilogue d'un roman qui s'intulerait : CHAMPAGNE s'il avait existé.


Tout ce que venait de vivre Nina avait été merveilleux aux côtés de David. Il lui apportait tout ce qu’elle avait espéré. Jamais à aucun moment elle n’avait envisagé de le quitter et pourtant elle s’apprêtait à faire un choix qui torturait son cœur et sa conscience. Il y avait encore de cela six mois elle ne connaissait pas Madame Angèle Deville ; la femme de son amant. Angèle de son côté se sentait libérée d’un poids trop lourd. Elle devait bien admettre que Nina y était pour beaucoup. Si l’histoire n’était pas si dramatique elle pourrait s’en amuser. Mais il faudra attendre que tout soit terminé pour pouvoir choisir de pleurer ou d’éclater de rire.

Angèle soupira en regardant par la fenêtre, Nina s’approchait de l’immeuble, la jeune femme sourit en l’apercevant. Depuis qu’elles se connaissaient elles se rencontraient régulièrement.
A force de persévérance et de patience Nina avait fini par faire entendre raison à Angèle. Elle savait que David était assez fou pour mettre à profit son plan diabolique et supprimer sa femme. Angèle avait eu beaucoup de mal à croire la maîtresse de son mari, puis connaissant le côté pervers de son époux elle finit par réaliser qu’il était capable du pire. David avait fait part à Nina de son intention de se débarrasser de sa femme pour hériter de sa fortune. Il avait envisagé le plan sans aucun scrupule, ce qui n’était pas pour rassurer Nina. Maintenant qu’elle était au courant, elle avait le sentiment d’être sa complice et se sentait prise au piège. Elle ne pouvait pas accepter une telle chose. Comment continuer à aimer un homme qui pouvait se rendre si machiavélique ?

C’était décidé elle devait venir en aide à Angèle. Elle avait fait son choix même si elle avait encore des sentiments pour David. Que fera-t-il lorsqu’il se lassera d’elle ? Peut-être qu’il lui réservait le même sort qu’à sa femme, pensa Nina en montant les escaliers qui menaient au 3ème étage. Marche après marche elle se remémorait les derniers mois passés auprès de son amant.
Elle avait remarqué que ces derniers temps David avait changé ; il se faisait plus distant. Il savait que sa femme et sa maîtresse se fréquentaient, il avait surpris une conversation. Ni lui ni Nina n’y faisaient allusion, chacun faisant semblant de l’ignorer.

David avait orchestré le meurtre d’Angèle avec précision, promettant argent liberté et voyages au bout du monde à Nina. Tout était méticuleusement étudié et prévu pour le lendemain. Angèle devait attendre son mari qui rentrerait tard. Il lui avait réservé une surprise pour leurs dix ans de mariage, ce qu’il avait prétendu pour être certain qu’Angèle l’attende sagement à la maison.
Le téléphone portable de Nina sonna :
- Oui David ?
- Chérie demain tout sera fini et nous serons libres de partir tous les deux. Nous aurons assez d’argent pour ça.
Nina s’efforça de paraître heureuse mais sa voix étouffée par l’angoisse risquait de la trahir, elle reprit :
- Si tu savais comme j’ai hâte que tout soit terminé.
- Je t’aime. Déclara David sur un ton grave.
- Je t’aime. Dit Nina.
A cet instant David ignorait encore qu’il allait bientôt devenir l’acteur principal de son stratagème. Les deux femmes avaient tout prévu elles aussi. Angèle ne sera pas à la maison comme prévu, lorsqu’il rentrera. Bien sûr il sera surpris de constater que sa femme n’avait pas obéi à ses ordres. Angèle obéissait toujours aux ordres de David. Alors il la cherchera, l’appellera puis il ira se servir un whisky. David était si prévisible ! Lorsqu’il était nerveux il se servait un verre.
De leur côté Nina et Angèle attendraient le moment de fêter leur liberté à l’aide d’une bouteille de champagne ; la faiblesse d’Angèle.
Un homme pas très clair qui faisait partie des anciennes connaissances d’Angèle devait s’occuper de David, moyennant une belle somme d’argent. En maquillant le meurtre en un cambriolage qui aurait mal tourné, David devait périr d’un mauvais coup. Tout semblait parfait puisque personne ne connaissait Germain Crapule qui venait juste de sortir de prison.

Le lendemain dans le canapé de Nina les deux femmes fébriles se tordaient les mains en scrutant la pendule.
- Dans moins de dix minutes tout sera fini. Déclara Angèle qui tremblait comme une feuille. Le temps leur semblait interminable.
- Oui ce sera fini. Reprit Nina.
A minuit tapant Angèle ouvrit la bouteille de champagne et servit deux coupes. Leurs visages devenaient plus détendus au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient. Une autre vie pouvait commencer pour les deux jeunes femmes. Le poids des années d’infidélité venait de s’envoler et Angèle respira un grand coup avant de déclarer :
- Enfin libre !

Le lendemain la police constata le cambriolage de la rue des moines. David se tenait debout et affichait un visage blême, il déclara :
- Ma femme a disparu je suis inquiet.
Le soir même à la sortie de la ville, dans un petit appartement loué au nom de Nina Topper, les gendarmes alertés par le facteur, découvrirent deux cadavres de femmes. Elles semblaient endormies paisiblement.
David avait été plus malin et plus rapide. Il avait déposé un poison insoupçonnable dans la bouteille de champagne qu’Angèle gardait au frais. Il avait aussi offert le double au cambrioleur amateur qu’était Germain Crapule. Le jour suivant David s’envolait pour Bora-Bora. Riche et lavé de tous soupçons il pouvait rejoindre Barbara qui l’attendait.
FIN


Publié le 18 août 2014

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L'auteur

Claudine-Raiso MARTINOD

Âge : 61 ans
Situation : Célibataire
Localisation : Cognac (16) , France
Profession : Coordinatrice d'activités
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