Autopsie


A ma grande surprise, alors que je croyais réaliser l’autopsie d’un cadavre, je découvre un morvant [un zombie]. J’avais même fait venir Raymond Q., un prêtre prêt à administrer les derniers sacrements via le Littré, qu’il serrait entre ses mains comme un Livre Saint.

Le tableau global et large [la toile : web] colportait déjà la mort annoncée. Des pépiels [pépiement électronique : tweet] sur Twitter ; les haut-calendaires [updates] sur Morpho-Bouquin [Facebook] y allaient aussi. Au final, comme toujours pour la nécrologie depuis Wilde, l’annonce avait été exagérée.
C’est le risque d’une célébrité filante [star] : à l’apex de sa popularité, ou aux profondeurs de celle-ci, toute nouvelle se répand. Il en allait ainsi de la langue française : chaque année on l’annonçait moribonde à cause de l’influence de Bois-béni [Hollywood], et chaque année, néologismes, lois, ou étourderies lui redonnaient un sursis. Même sans cardio-paratonnerre [défibrillateur], le français survivait.

Alors que la Langue s’éveille, je bois mon café de chez l’étoilargentée [Starbucks], tout en pensant au boeuphage [hamburger] de ce midi, avec sauce aux poils grillés [barbe-cue]. « Vous n’êtes pas un ange-secours [super-héros] » lui dis-je. « Vous avez failli y rester ! Prenez mieux soin de vous : une dose de vitamines Ω le matin, un peu de latin le soir, un goût-thé [snack], et surtout courrez 3 fois par semaine. Mais reposez-vous bien le hebdesi [désinence hebdomadaire ou week-end]. A bientôt sans doute. »


Publié le 29 juillet 2014

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L'auteur

Francis Barel

Âge : 45 ans
Situation : Marié(e)
Localisation : Paris (75) , France
Profession : Business Development MENA
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