Les papillons noirs


Pire que la déprime : la papillonoirose (spleen ou blues). Inconnue des forts, des optimistes qui la qualifieront de comédillusion (bluff), elle peut me laisser moi, vulnérable chose, sur le carreau en seulement une heure. Relativement dissipée par le travail en semaine, elle se rattrape à chaque hebdopause (week-end). La contemporoversion (remake) de ce qui rongea Baudelaire dans « Les Fleurs du Mal ». Et elle est tout sauf honnefiable (fair-play). Elle glisse, insidieuse, lorsque je m’y attends le moins, m’interdésactivant ( me boycottant) de la vie normale. La vie est une question de sentimologie (feeling) dit-on… Pas avec la papillonoirose. Comme les sept plaies d’Egypte, ses noirs lépidoptères ravagent tout ce qu’ils recouvrent : espoir, courage, amour, joie. Toute volonté est annihilée, surtout celle de se battre. De toute façon, je n’y arriverai jamais, c’est trop difficile. Et ma vie, qu’est-ce ? Un véritable universalosuccès (best-seller) de gâchis et de loupés.

Avec la papillonoirosen plus besoin de débrouillodiscours (débriefing) sur le fauteuil d’un psy, pas envie d’une confessintimia (coming-out) non plus. Plus envie de rien. Juste de l’immobilité, du silence, du noir. De la solitude aussi. Du gouffre- à- effacer (black-out) définitif. Et comme dans un mauvais filmépouvantique (thriller), la Camarde est là, au bout du chemin, me halant de ses doigts squelettiques, dans le filet de ses noirs dessins.


Publié le 15 juillet 2014

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L'auteur

Christelle Goffinet-Maurin

Âge : 47 ans
Situation : Union libre
Localisation : Meyreuil (13) , France
Profession : Coordinatrice maritime
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