L'affairange arrosé


Quand il apprit la nouvelle, Jean sauta dans son bureauvole. Il fallait qu’il soit le premier à rencontrer cette bourgeonette. L’idée était géniale. Personne n’y avait pensé avant : pas même son labo-idée. L’inventeur voudrait certainement être payé en liquargent : deux millions de dollars. Rien à côté des royaledevances que Jean allait pouvoir générer. Un logiciel capable d’écrire des succès-livres à la demande ! Les algorithmes triaient l’ensemble des faits divers stockés dans sa mémoire pour concevoir le meilleur des racontes.
Sur la route du siliciumval, Jean relisait le dernier chapitre. Il allait découvrir l’homme qui avait mis au point le programme. Il s’arrêta devant un vite-resto pour y savourer un dodupain au jambon. Rassasié, il emprunta la rue des actioptions : le siège de la jeune compagnie, une petite bouticdrogue poussiéreuse ! Un vieil homme en sortit. Ses longs cheveux blancs dépassaient d’un Oueston. Lorsqu’il vit Jean sortir de sa voiture, aussi ahuri qu’un bourseur après une importante perte, il fut pris d’un fou-rire avant de prononcer :
— Ainsi vous avez cru à mon histoire totalement inventée ! Venez, je vous offre un café : vous êtes le premier lecteur de mon nouveau roman !

Anglicismes traduits : business angel, business jet, start up, think tank, cash, royalties, best seller, storytelling, Silicone Valley, fast food, hamburger, stock options, Weston, drugstore, trader.


Publié le 7 juillet 2014

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L'auteur

Gérard Muller

Âge : 69 ans
Situation : Marié(e)
Localisation : Escalquens (31) , France
Profession : Autoentrepreneur
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