Défi auteur n°2 : « Do you speak encore français ? »


« Do you speak encore français ? », c’est ainsi que Le Parisien titrait son article du 9 décembre 2013 dénonçant la multiplication des anglicismes dans notre langue. Les termes anglais colonisent le langage informatique, le monde des affaires, investissent la publicité, la télévision, la radio et les cours de récréation.
Aussi il nous faut continuer à promouvoir la langue française pour endiguer cette mode qui met à mal la langue de Molière !

Nous vous lançons le défi d’inventer au minimum 3 mots qui remplaceront dans notre langue française les anglicismes du quotidien.

Ce deuxième défi que nous vous soumettons est parrainé par Keith Spicer, ancien Commissaire aux langues officielles du Canada, président du CRTC (instance de régulation de la radio-TV et télécommunications) de 1989 à 1996, ancien animateur de la télévision canadienne dans son émission Les Invités de Keith Spicer et ancien rédacteur en chef du Ottawa Citizien. Auteur de « Bulles fatales », la langue française lui tient à cœur.

À gagner : un week-end au château de Brillac en avant-première ainsi que 2 000 points profil pour les 5 premiers candidats sélectionnés.

La richesse de notre langue française repose sur l’invention intensive de nouveaux mots au XVIe siècle. En août 1539, le roi François Ier édicte L’ordonnance de Villers-Cotterêts qui instaure la primauté et l’exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique de France. 10 ans après parait l’ouvrage « Défense et illustration de la langue française » écrit par le poète Joachim du Bellay, ouvrage qui sera considéré comme le manifeste des poètes de la Pléiade. Du Bellay veut faire de la langue française « barbare et vulgaire » une langue élégante et digne. Pour ce faire, il prône l’enrichissement de la langue française via l’imitation des auteurs anciens et critique la traduction qui ne permet pas de rendre compte de la richesse de l’œuvre originale. Les auteurs de la Pléiade se lancent alors dans une création effrénée, créent de nouveaux modes de formation avec juxtaposition adjectivale (doux-utile, aigre-doux), verbale (ayme-musique), la formation de noms à partir d’infinitifs (tels que le chanter, le mourir, le vivre, le savoir), la suffixation ou préfixation (contre-cœur, nombreux diminutifs comme mignonelettte, doucelette, etc.) dont certains éléments n’existent pas de façon autonome : monologue n’est pas un mot grec mais un mot français de la Renaissance !

Depuis 1994, il existe même une loi relative à l’emploi de la langue française, la loi Toubon, destinée à protéger le patrimoine linguistique français en enrichissant la langue, rendant obligatoire l’utilisation du français et visant à assurer la primauté de l’usage de termes francophones traditionnels face aux anglicismes.
« Il convient d’être pragmatique : une langue n’est pas un organisme fossilisé. En revanche, il est avéré que l’usage du franglais, le mélange des deux langues, est source de confusion, de désinformation et donc d’appauvrissement matériel. » Le Figaro, Le franglais nuit gravement à la santé de l’économie, le lundi 17 mars 2014.

Pourquoi ne pas suivre alors l’exemple des Québécois qui remplacent le « Stop » sur les panneaux routiers par « Arrêt » ?

Consignes :

Vous devez inventer au minimum 3 mots se basant sur des anglicismes utilisés fréquemment dans notre langue française et les insérer dans un court texte de 1 500 signes maximum.
Pensez à nous indiquer les anglicismes sur lesquels vous avez planché !
Pour vous inspirer voici une liste du top 50 des anglicismes les plus couramment utilisés :
- Un prime-time
Plutôt qu’une heure de grande écoute.
- Un airbag
Plutôt qu’un coussin gonflable de sécurité.
- Un after-work
Plutôt qu’un petit pot entre amis après le travail.
- Checker
Plutôt que les "vérifier".
- Du marketing
Plutôt que mercatique.
Découvrez plus de mots ici...

Résultats :

Vous avez été 77 à participer à ce deuxième défi de l’Académie Balzac, et ce qu’on peut dire c’est qu’il était loin d’être simple !

Vous avez été nombreux à éprouver des difficultés face à la contrainte de trouver des néologismes pour remplacer les anglicismes du quotidien.
Cependant nous avons passé de très bons moments à lire vos textes et inventions nous faisant parfois voyager dans des mondes fantasques à la Boris Vian.

Voici donc les résultats de ce deuxième défi :

Le grand gagnant du défi n°2 : "Do you speak encore français ?" est Pierre Paul Nelis pour son texte Les « Franglaises » ! Il remporte un week-end au château de Brillac ainsi que 2 000 points sur son profil.

Les 4 autres candidats remportant 2 000 points sont :
2 - Joanne Richoux pour Sans titre
3 - OCTOGRAPHE_4 pour Le poulet du boulet
4 - Roger Constantin pour L’ombre du fantôme
5 - Léa Golder pour Bienvenue dans l’univers féérique de la cupidité

Félicitations à tous et à très vite pour le troisième et ultime défi de l’Académie Balzac avant la sélection par le jury des 20 écrivains qui intégreront le Château de Brillac.


Les auteurs ont répondu

Écrit par jean-françois joubert, le 18 juillet 2014
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La belle Bleue

Un ballet de questions se promenaient dans le vide, je SECOUSSAIS "Checker" mon Ego, alors sans savoir comment le vent naquit, et deux entités sans changer de trajectoire, formèrent un tout de poussière, une étoile miniature sans coussins de sécurité, sans BOL-D'AIR "Airbag", pas de quoi pousser une voiture dans la belle Bleue. La force de gravité venait d’être créer, elles se dirent des mots dures, qu’est-ce que tu fait là, toi ! La solitude, une habitude de la matière, venait de se transformer en…
Écrit par luc fortin, le 17 juillet 2014
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Vie nouvelle septembre 1981

Le drapeau américain claque sous les assauts du sirocco. Une chaleur sauvage me caresse le corps. J’attends l’automne, reine des saisons. Je redoute l’hiver, je songe au printemps, j’aime l’été. La mer est basse, le week-end évadé, la foule disparue. J’ai rencontré les festivaliers, les films américains sont médiocres. La société française a changé de visage. La gauche est arrivée au pouvoir. Elle a fait sa séduviction. (story-telling) Nostradamus prévoit la guerre, la fin de Paris. Le monde va…
Écrit par Pierre ST Vincent, le 17 juillet 2014
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SABOTAGE .

Ce lundi matin, Quentin, le regard fou, observait le bureau imposé par ses dirigeants américains. Tout y avait été noirci par la fumée de l’incendie, l’odeur était insoutenable. En tant que directeur, il l’appelait son EVOLIEU (open space). Des récalcitrants, il en avait eu des dizaines ! Julien n’arrêtait pas de le provoquer chaque lundi, le regard planté dans le sien, sarcastique, marmonnant entre ses dents : « Ton put… d’EVOLIEU tu peux te le mettre où je pense ! Tu n’imagines pas qu’on va vivre dans…
Écrit par Dominique Lemaire, le 17 juillet 2014
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L.S.D

À cette époque, j'étais chemineur (roady) sur le monstrage (show) d'un groupe de métallistes ( heavy metal) anglais. Chaque soir, j'installais la câlinerie (catering) en coulissage (backstage). Je préparais des trinques (drinks) à profusion et des grillatons (toasts) en veux-tu en voilà. C'est fou le peuple qui se pointait à la fin du concert pour le noctiterme (after) : Des affaireurs (businesmen) au bras de clichetonneuses (playmates), des actionnistes (traders) en goguette, des éphébiens…
Écrit par PIERRE PAUL NELIS, le 17 juillet 2014
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Les « Franglaises »

09 :30 Mail de Virginie Pap's et Mam's Valérie prend le lead de notre projet à partir de 2 PM Moi, je drafte les feed-back de la conference call. Nous ne devons pas être dérangées, sinon ?Deadline assurée. Bises Virginie Jacky et Lætitia préparent la maison. Bien qu'étant constamment en contact, les deux jumelles viennent rarement chez eux. Valérie et Virginie préfèrent le langage des villes. Ces étudiantes en Marketing management international au long de l'année sont sous l'ambiance du campus :…
Écrit par Francisco Lozano, le 17 juillet 2014
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UN DIMACHE

Le réveil n'avait pas sonné, la plupart des gens auraient trouvé cela normal, un dimanche deuxième jour d'une semainescence (week-end) et d'un repos bien mérité. Claude Bornand, lui avait du mal à s'y faire, pendant trois ans le dimanche était le jour de gloire pour lui. Celui où la télévision lui ouvrait grande les portes de ses antennes en préapothéose (acces prime time). Il avait fallu que cette intrigante d'Isabelle Lecavallier le déloge du créneau horaire prestigieux qu'il avait eu tant de mal à…
Écrit par Anne-Sophie Guénéguès, le 16 juillet 2014
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L'élue de mon cœur

« La Face française en tête des votes, une victoire que nous allons commenter… » Ce soir, le succès de Martine Laclenche fait l’actualité. Jean-Marthe Laclenche, son père, a fondé la Face française, le parti « qui va changer votre vie ». Selon lui, il ne faut pas se voiler la face (ni le reste du corps) : l’immigration conduit le pays dans le mur. Certains, voulant gagner le face à face avec ce mur, ont donc élu sa fille, désormais maître du parti et de la masse. Ce dimanche, la Face française organise…
Écrit par Daph Nobody, le 16 juillet 2014
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L'hypnotiseur

La ville ne s'éveillait pas ce matin-là, engorgée de fumard au sein duquel seules perçaient les enseignes lumineuses, qui semblaient promouvoir des robinets en or au pays des marécages. Tout était en reste-fixe. Entravées par ce voile, les azurières ne pouvaient plus superspecter les nomadomes, et les costumes n'apparaissaient pas plus clinquants que les guenilles. De toute façon, la rangeance ne s'obtient pas par noblesse mais par héritage. ― J'ai pas bâfré depuis des lunes ! Le bouseux, limitique,…



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Défi terminé

Ce défi est terminé depuis le 31 juillet 2014.
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