Article : MAIS OÙ ÉTAIT CHARLY ?


Un samedi soir à l’allure festive a rassemblé les 5 meilleurs amis du monde pour partager en l’espace d’une même nuit, de drôles instants marqués par une improvisation de toute beauté. La fatigue a eu raison de Charly et Mehdi qui peu après minuit, dormaient d’un sommeil de plomb sur le confortable canapé de cuir blanc de Giovanni. Ce n’est que tardivement que Kévin a rejoint ses camarades. Fraîchement sorti du boulot, l’équipe n’attendait que lui pour commencer à dîner. Les heures de travail de la journée n’avaient visiblement aucun effet sur son organisme. La digestion se fera avec un test de culture générale grâce à un quizz sur l’ordinateur de bureau du salon. Il était capable de jouer jusqu’au petit matin.

Assis sur une chaise à côté de lui, Théo, le pseudo intellectuel de la troupe, n’était pas vraiment de bons conseils pour répondre aux questions du quizz. Toute une suite de mauvaises réponses qui ne trahisait pas son étiquette. Giovanni, quant à lui, avachi sur la table à manger de la même pièce, s’était plongé dans les pages d’un livre depuis déjà plusieurs minutes. Très étonnant d’autant qu’il voyait la lecture comme une perte de temps. Sûrement s’était-il submergé dans les péripéties d’une histoire passionnante mais tout ça devenait monotone et ne ressemblait en rien à une vraie soirée entre potes, pensait Théo. L’ennui et l’impatience s’installaient avant le début du grand match de boxe prévu à 05h00 du matin et que tous les fans de sport attendaient.

Le temps ne passait pas bien vite, dimanche venait de remplacer samedi depuis bientôt trois heures. Charly sortit de son silence ou plutôt, après une succession de ronflements. Il intervena dans la pièce presque absente de tout dialogue au même moment où Giovanni décida de faire une pause rafraîchissante avec un verre Coca-Cola. Charly proposa en attendant 05h00 de se changer les idées et comment... Le plus âgé du groupe qui divaguait sans doute dans une sorte de cauchemar continuant de tourner dans son subconscient comme un film d’horreur inachevé, n’avait pas trouver mieux que de faire une visite nocturne dans une vieille grotte du village voisin, datant de la seconde guerre mondiale. Les paupières de Mehdi étaient encore assez lourdes pour rester sourd à l’entente de cette surprenante proposition et ne pas être réveillé.

Une casquette sur la tête de Théo, une lampe-torche dans la main de Giovanni, une veste à capuche bien chaude sur le dos de Kévin et Charly, mais pas l’ombre d’une hésitation de leur part. Ils semblèrent tous d’accord. Mehdi était bon pour pioncer encore longtemps. Les autres sortirent de l’appartement direction le parking au pied de l’immeuble, clairement prêts à faire ce qu’il vaut mieux faire mal accompagné que seul. Le ciel était aussi noir que les quelques chats qui erraient dans le secteur que l’on apercevaig grâce à la lueur des lampadaires. Peut-être que Charly inconsciemment donnait vie à un scénario d’épouvante vécu avant son réveil, un rêve prémonitoire ?...

Aucune inquiétude. Il y avait plus d’excitation que d’appréhension. À vrai dire, ce n’était pas la première fois qu’ils se rendaient à cet endroit sinistre faisant de office de chantier et lieu de travail pour les spéléologues (d’après les rumeurs). Pour s’y rendre, dix bonnes minutes suffisaient. Ils avaient tous pris place quand Giovanni au volant de la voiture, vérifia le bon fonctionnement et la fiabilité de la torche ; le gadget manquait de pile et n’aurait pu servir de guide dans une attraction complètement obscure.Giovanni remonta à l’appartement chercher le necessaire, les autres en voiture l’attendirent. Comme pressé de faire cette virée, Charly depuis le coté passager, profita pour enfoncer la clé dans le contact et demarrer le véhicule. La lumière des phares se projetaient sur le hall d’escalier de l’immeuble d’en face. Il n’y avait pas beaucoup de voiture sur le parking. Ajouté à l’euphorie de Kévin qui ne se rendait pas compte du vacarme causés par ses éclats de rire, tout y était pour attiter l’attention du voisinage. C’est là que Giovanni arriva, projetant la puissante lumière de la torche au milieu de la figure de Théo et disant :

- C’est bon ça éclaire bien le noir, on peut y aller.

Déjà 03h23... De la fraicheur dans l’air. Aucun de ses braves ne semblaient avoir froid aux yeux. Aucun d’entre eux ne semblait avoir froid dans le dos. La grotte à l’entrée d’une vaste plaine n’était pas loin de l’appartement mais tout de même au milieu de nulle part s’aperceva Théo. Il ne disait rien depuis plusieurs minutes car LUI, il découvrait les lieux à l’instant même.
Il faisait noir, complètement noir. Une barrière bloquait l’accès à tous les véhicules, c’est juste devant celle-ci qu’ils laissèrent leur carosse...rie ; et continuer le chemin à pied sauf si...trouille. Les pieds dans l’herbe, dans la terre, dans la boue et même la gadoue, Kévin, Charly, Théo et le guide Giovanni avancèrent lentement vers la grotte. Le cadre était parfait pour effrayer n’importe quelle âme sensible. Léger vent, toiles d’araignées, battements d’ailes de chauves souris, cannettes de bières, morceaux de verres, vieilles branches, bruits des rongeurs entre les buissons, morceaux de pierres de toutes tailles et ce silence qui résonnait comme un bruit sourd chaque fois que les garçons prêtaient l’oreille tout en progressant... Ces petites choses les menaient tout doucement vers la grotte. Le fait d’être quatre et la puissance lumineuse de la torche leur donnaient confiance jusqu’à ce que Charly et Kévin crurent entendre une voix humaine. Kévin était bon blagueur tout au contraire de Charly. Là ils dirent avoir entendu le même bruit... Théo prit la remarque au sérieux. Quelques secondes d’attention, puis rien semblait-il. Ils reprirent.

La torche montrait là qu’il n’était plus qu’à une trentaine de mètres de la grotte. La cadence s’accéléra. Inutile de regarder derrière, le simple regard humain ne pouvait distinguer quoi que ce soit dans cet espace si étroit, si sombre, à moins d’avoir la rétine et la pupille aussi puissantes qu’une caméra infrarouge. Une fois devant le portail aux barrreaux rouillés laissant libre accès à la grotte, Théo vit de plus près à quoi ressemblait la grotte : un endroit sinistre qui cachait de belles gorges d’eaux claires encore plus jolies à la lumière de la torche. Comme quoi...Kévin décida d’immortaliser le moment avec ses compères. La simple volonté de mettre en mémoire un instant qui provoquera bien des sourirs et comptera désormais comme souvenir. Charly sortit de sa poche un smartphone dernière génération avec le flash qui apportera les millions de pixels nécessaire pour des photos de haute résolution, conservant la netteté de l’image malgré le manque de luminosité. Kévin prit l’appareil pour s’improviser photographe d’une nuit. Le mode rafale activé pour une série de clichés, les 4 baroudeurs se mirent en position à l’entrée de la grotte de sorte que le portail rouillé et le mur graffé juste au dessus soient le décor et servent de cadre dans les photos qui ressortiront. Les plus belles grimaces seront de sortie. Même Théo prit au jeu en oublia tout son sérieux. Le flash aveuglant s’éteignait puis se rallumait à la vitesse d’un clignotant à chaque nouvelle prise. Kévin se dit qu’il a en suffisamment pour voir le résultat mais Théo s’empara du portable pour visionner les photos en premier : stupeur ! Il poussa un grand cri et de tourna vers Charly... Kévin et Giovanni se mirent à rire aux éclats quand ils virent que... Mehdi apparaissait sur chacune des photos. Charly sursauta ; puis demanda à Giovanni de lui re donner son smartphone... sans doute réveiller par le cri de Théo qui annonçait enfin le grand combat de boxe. Charly ouvrit les yeux aussi grands qu’il put pour voir 4h47 sur l’écran tactile tout juste vérouiller. Giovanni riait encore. Les photos de Medhi sur son portable était de véritables gags, toutes aussi délirantes les unes aux autres. Medhi avec humour comprit que ses potes venaient de le photographier dans son sommeil. Kévin, l’air innocent mais responsable de tout, dit à Théo de ne pas crier trop fort... Charly emmergeant de son rêve au semblant prémonitoire, fixa Théo qui frappait des mains en disant :

- C’est bon les gars, voilà le combat qu’on attendait, le show peut enfin commencer...

Théophile Marcelin TEHE


Publié le 10 octobre 2014

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L'auteur

Théophile Marcelin

Âge : 34 ans
Localisation : ST OUEN (93) , France
Profession : Artiste
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